À la recherche des créatifs culturels Québécois

On appelle Créatifs culturels, ce groupe socioculturel mondial dont les valeurs et les comportements visent avant tout à replacer l’humain au cœur de la société, à réduire au maximum leur dépendance aux modes de consommation industrialisés et à lutter contre les dégradations environnementales, surtout celles induites par l’exploitation des ressources naturelles. Leur nom est traduit de l’américain, Cultural Creatives dont le sens est plus proche de « créateurs de culture ». Il ne s’agit donc pas d’un groupe d’artistes, comme le croient beaucoup de personnes.

Discrets et n’appartenant à aucun groupe social, politique, religieux ou spirituel, en particulier, ils représentent pourtant de 30% à 35% des gens de plusieurs pays, notamment des États-Unis, de l’Europe de l’Ouest et du Japon. Bien qu’ils soient légèrement plus nombreux dans les milieux aisés et éduqués, et chez les femmes, on les trouve dans tous les groupes d’âge, dans toutes les catégories socioprofessionnelles, dans tous les pays et parmi toutes les ethnies.

Il n’est donc pas question ici d’une nouvelle mode, mais bien d’un mouvement de fond, d’autant plus que leur nombre ne cesse d’augmenter d’après les résultats des dernières enquêtes à leur sujet. Leurs façons de faire et d’être sont aussi de plus en plus visibles.

Comment ont-ils été révélés au monde?

L’expression Cultural Creatives a été inventée par les Américains Paul Ray, sociologue et Sherry Anderson, psychologue lorsque, en octobre 2000, ils ont publié le livre The Cultural Creatives: How 50 Million People Are Changing the World (Harmony Books). Ce livre a été traduit en 2001 par les éditions Yves Michel (www.yvesmichel.org), sous le titre: L’émergence des créatifs culturels. Enquête sur les acteurs d’un changement de société. En 2016, cette maison d’édition a publié un nouvel ouvrage qui leur est consacré, dont je parlerai dans une prochaine chronique. J’en profiterai aussi pour faire état d’études récentes menées sur ce groupe socioculturel.

Quelques valeurs et façons de vivre des créatifs culturels

  • Leur vision du monde est globale et intégrale.
  • Ils misent avant tout sur les valeurs écologiques et le développement durable.
  • Ils s’intéressent à l’alimentation biologique et aux méthodes naturelles de santé.
  • Ils font la promotion de la place des femmes dans la sphère publique et se sentent concernés par la violence à leur endroit.
  • Ils cherchent des solutions nouvelles aux problèmes personnels ou sociaux.
  • Ils accordent de l’importance à leur développement personnel et aux nouvelles formes de spiritualité.
  • Leur engagement est à la fois individuel et solidaire.

Même si tous les créatifs culturels partagent les mêmes valeurs, certains accordent davantage d’importance à la spiritualité et d’autres à l’écologie. Ainsi, les spiritualistes sont non seulement préoccupés par les questions environnementales et sociétales (la justice sociale), mais aussi par leur propre développement psychospirituel. De leur côté. les écologistes croient que le lien entre le développement personnel et l’engagement social ou l’écologie n’est pas obligatoire, mais faisable avec prudence…

Pour en apprendre davantage à leur sujet

Outre les ouvrages mentionnés plus haut et le site web d’Yves Michel où l’on trouve un test permettant de vérifier jusqu’à quel point nous sommes de vrais créatifs culturels, le site Wikipedia propose une excellente synthèse sur le sujet.

En 2012 (réimprimé en 2017), j’ai consacré la conclusion de mon livre Quoi faire à la retraite au sujet des créatifs culturels, en invitant les nouveaux retraités à venir joindre leurs rangs, si cela n’était déjà fait. On pouvait d’ailleurs y trouver le questionnaire Êtes-vous un créatif culturel? que monsieur Yves Michel m’avait autorisée à reproduire. J’avais aussi réservé toute une section de ce livre à l’environnement (Sauver l’environnement. Agir maintenant) dans lequel j’avais proposé plus d’une centaine de « bons gestes » pour y parvenir.

Ces passages n’avaient pas suscité l’enthousiasme que j’espérais, comparativement aux autres chapitres, davantage tournés vers le bien-être personnel.  Toutefois, aujourd’hui, il me semble que de plus en plus de gens sont en train de faire changer les choses tant ils se sentent concernés par tout ce qui va mal autour d’eux, et partout au monde.

Êtes-vous un créatif culturel?

Si, à la lecture de cette chronique, vous vous reconnaissez dans cette description succincte des créatifs culturels, et souhaitez faire connaître des initiatives personnelles, locales ou de plus grande envergure en lien avec leurs valeurs et leurs comportements, j’aimerais beaucoup entrer en contact avec vous. Nous avons en effet besoin d’exemples et d’inspiration pour devenir, nous aussi, des créatifs culturels.

Marie-Paule Dessaint | À la recherche des créatifs culturels Québécois

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