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AU CŒUR DE LA TOURMENTE: RELIRE, PUIS RÉÉCRIRE SA VIE

3 mai 2017 0 commentaire

La relecture de vie est un outil, parmi d’autres, pour découvrir ce qui mérite d’être changé, réparé, rejeté, évacué, conservé ou consolidé dans notre vie avant d’en entamer un nouveau chapitre. Que l’on soit ou non au cœur d’une tourmente, la relecture de vie, puis, si nécessaire, sa réécriture, apaise, explique, justifie, libère, réoriente et dirige. Cet exercice est exigeant mais il est toujours bénéfique.

L’écriture, que ce soit l’écriture réelle ou l’écriture psychologique, c’est une manière, c’est un moyen, une arme, pour reprendre en main son destin.           Boris Cyrulnik

Contrairement aux récits de vie (biographie, autobiographie et mémoires) qui sont écrits pour les autres et pour laisser une trace de soi, quitte à les enjoliver un peu et à omettre certains faits de moindre grande fierté, la relecture de vie ne s’adresse qu’à soi et ne vise pas à valoriser l’égo. Cette forme d’examen de vie est plutôt réalisée sans complaisance, et avec un objectif : trouver des réponses à des questions identitaires ou existentielles, se délester de poids lourds à supporter (deuil, violence, perte de l’emploi, séparation, maladie), trouver le fil directeur (le sens) de sa vie ou prendre des décisions éclairées dans le changement.

Même si son objectif n’est pas thérapeutique, ses effets le sont souvent. Après s’être prêtés à cet exercice, des gens opèrent des changements majeurs dans leur existence : séparation, nouvelle carrière, modification du comportement, lâcher-prise, abandon de conceptions désuètes sur soi et sur le monde, adaptation aux deuils et pertes, amélioration de l’image de soi, etc. Ils se sentent alors davantage en contrôle de leur vie.

Je veux parler de la fin de ma première vie et de ma renaissance, avec les enseignements que j’en tire. Mes souffrances, ma décision de changer ma vie, de mourir symboliquement et de renaitre. Ma dépression. Ma phase de guérison. Ma difficulté à assumer mes décisions
Bixente, 41 ans

Un exercice en trois temps : écrire, relire, réécrire

  • Écrire, c’est déposer spontanément sur papier, des faits, des émotions, des peines et des réflexions. C’est raconter sa vie ou un fragment de sa vie. À ce stade, il ne faut pas hésiter, parfois, à écrire à la main, car avec le recul, on peut y déceler les émotions du moment. L’écriture manuscrite « parle ».
  • Relire (par écrit), c’est sortir (détacher) un problème, une histoire dominante et difficile de sa vie pour mieux l’analyser et la comprendre. C’est en fait, devenir son propre coach ou son propre thérapeute en regardant « par-dessus sa propre épaule ». Cette métalecture permet de ne pas se laisser influencer par ce que nous croyons que les autres pensent de nous ou voudraient que l’on fasse. Notre identité est en effet construite en grande partie à partir des histoires que les autres racontent sur nous. Et, sur celles, souvent négatives, que nous nous racontons à notre propos.
  • Réécrire, c’est décrire le MOI préféré (le MOI idéal) et la situation préférée (idéale). C’est déconstruire le passé négatif afin de le reconstruire. Il s’agit alors d’écrire une nouvelle histoire qui libère puisqu’elle est liée aux forces et aux qualités oubliées ; aux aspirations et aux rêves.

Je ne suis pas mon problème. Je suis davantage et mieux que mon problème ou l’mage que j’ai de moi. Je ne suis pas une pathologie.

Pourquoi par écrit?

L’écriture est une voie d’accès incontournable à l’inconscient; un espace intime où l’on peut, loin des sollicitations et des regards extérieurs, exposer des faits, exprimer des sentiments, des réflexions, des bonheurs et des insatisfactions. Les pensées et les paroles s’envolent alors que les écrits restent, se déposent lentement ou rapidement, s’agencent en un ordre logique ou non, s’oublient, parfois longtemps, pour mieux y revenir, s’analysent et se reconstruisent.

Peut-on utiliser son journal intime comme matière première?

L’idéal est d’écrire un nouveau texte, spontanément, en lien avec la problématique du moment. Cependant, comme matière première, à la relecture de vie, on peut, bien sûr, si l’on en voit l’intérêt, utiliser tout ce dont on dispose, y compris les correspondances échangées au fil des ans ou même des photos. L’important est de ne pas perdre de vue son objectif de départ.

Qu’est-ce qui me dérange le plus en ce moment ? Qui se répète et se répète encore et encore depuis longtemps ? Qui me fait souffrir ou me fâche ? Que je veux résoudre ou dont je veux me débarrasser ? Que se passe-t-il en moi en ce moment ? À quoi je pense sans cesse tout au long de la journée et qui me tracasse tant? Quelle période de ma vie je veux couvrir ? Quelles réponses aimerais-je trouver ?

Prendre le temps d’écrire son histoire, puis, de la relire, et, si nécessaire de la réécrire telle qu’on la souhaite, c’est se donner le temps de la découvrir, de mieux la comprendre et d’y apporter les changements nécessaires à notre épanouissement personnel. Nous pouvons alors nous réparer et nous reconstruire afin de tourner la page, libre du passé… sans claquer la porte; sans avoir à revenir et revenir encore en arrière tant que la problématique ne sera pas résolue.


Marie-Paule DessaintAuteure: Marie-Paule Dessaint, Ph.D., Auteure, Conférencière et Accompagnatrice du changement Pour consulter la fiche professionnelle de Marie-Paule sur Le RIME, cliquez ici.

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