Et si jouer à cache-cache était une attitude spirituelle ?

lumière arbresJe suis dans le parc aux grands arbres majestueux, et depuis le banc où je suis assise, j’observe toute cette vie joyeuse qui m’entoure… Le soleil me caresse les joues, et l’air est si léger que je le respire avec gourmandise. Il y a des promeneurs aux habits colorés, des enfants qui jouent, des chiens en laisse qui plongent à chaque pas leur truffe curieuse entre deux touffes d’herbe… Les rires et les petits cris joyeux s’entremêlent, le soleil joue à cache-cache au milieu des nuages, faisant alterner la lumière et l’ombre, et je laisse mes pensées et mon cœur rejoindre ce que ce jour va m’offrir de meilleur…  Quelle joie d’être vivante au milieu de toute cette vie !

Et j’en veux davantage ! Je laisse grandir en moi l’Amour qui veut respirer… Et la lumière  se fait jour en moi…  Quelle belle expression, soudain : « la Lumière se fait Jour » : un rayon de Lumière est devenu un Jour nouveau qui se lève en moi, -je le ressens si fort ! Cela surgit,  étincelle, s’offre : Imaginez que nous puissions vivre dans une attitude spirituelle qui nous aiderait à partager avec bonheur toutes sortes de situations avec les autres, dans l’Amour Inconditionnel… ?

Imaginez que cette attitude spirituelle soit facile à s’approprier, et qu’elle soit si naturelle, et si simple à mettre en œuvre que  les animaux et les enfants l’aient déjà spontanément acquise … ?

Un peu à ma droite, un jeune enfant est tombé, son genou lui fait mal, il pleure. Sa maman s’est agenouillée et se penche vers lui pour le consoler. Je vois son attitude toute de tendresse disponible, et quelque chose vibre en moi.

Plus loin, devant un bosquet d’arbustes où quelques fleurs roses commencent à s’ouvrir, un vieux toutou plein de poils s’arrête et se retourne pour regarder la toute petite fille qui rit de tenir sa laisse toute seule, sous les yeux attentifs de son père. Le vieux chien attend que l’enfant se rapproche pour faire quelques pas sans tirer sur la laisse afin de ne pas bousculer la petite. Quelque chose en moi brille et vibre. Ça ressemble à de l’amour.

coeur pétale de rose

Sur le banc qui fait face au bassin couvert de nénuphars, un couple est assis tranquillement, et dialogue. Je ne les entends pas, je les vois simplement de loin, et à leur attitude, leurs mains qui se touchent, leurs yeux qui se cherchent, on ressent l’amour entre eux. Il y a en moi une vague déferlante de reconnaissance. Pour la vie, l’amour, la paix.

Mais voici qu’un bruit discordant vient heurter nos oreilles. Sur ma gauche, c’est un couple qui arrive en marchant au rythme de leur dialogue haché par des pas rapides.

eclairs– Je te dis que je ne veux pas voir Marie-Jeanne. Elle m’insupporte, toujours à se plaindre, le monde entier tourne autour d’elle !

– Mais c’est ma sœur quand même! Tu pourrais faire un effort !

– Elle m’insupporte, je te dis. C’est elle ou moi !

La vibration en moi est désaccordée, ça fait mal. Pourquoi cette disharmonie dans ce Jour de beauté et de paix ? Tout le reste ici était accordé, lumineux, serein !

Et soudain, je comprends. Je regarde le vieux chien et l’enfant, je regarde la mère et son petit au genou écorché, et je comprends où est l’amour. L’Amour Inconditionnel.

L’attitude de paix est celle qui protège le plus petit,  l’enfant respecté. L’enfant caché en nous, et qui parfois ne se devine même pas, sous les traits d’un vieux ronchon ou d’une Marie-Jeanne insupportable.

L’enfant immature, le petit enfant que le vieux chien ne bouscule pas, que la maman console…

En chacun de nous, cet enfant bien caché est notre réalité spirituelle. Oh, nous pouvons avoir 45 ans ou même 70 à l’état civil, quelle importance ! Notre réalité spirituelle est celle de l’enfant spirituel en nous. Parfois très éveillé, parfois très jeune encore, et tout est bien. Il joue à cache-cache, ne se montre pas… Ouvrons les yeux de notre cœur, et accueillons-le …

Si nous pouvions vivre la paix et la liberté d’aimer tout simplement, en devinant, sous les traits de l’Autre, cet enfant immature et fragile que nous ne voudrons pas bousculer, que nous aurons à cœur de consoler ? En acceptant d’être, à l’intérieur de nous, un enfant qui demande plus d’amour et se sent frustré… ?

claire 1963Marie-Jeanne est sans doute une grande personne, et cependant si nous sommes capables de voir en elle avec amour cette toute-petite-fille spirituelle qu’elle est peut-être, alors nous serons plus patient, prêts à la consoler  ou la rassurer si c’est de cela qu’elle a besoin ; lui donner la main, et l’aider à grandir.

Et toute à ces pensées,  je me souviens que le Dalaï Lama a dit  que nous devions voir et traiter l’Autre comme s’il  était notre mère. En cela, il nous encourage à respecter l’Autre, et le traiter avec l’amour  et la reconnaissance dus à une mère qui nous aura porté, nourri, aimé, soigné…

Aujourd’hui, j’ai envie de voir l’Autre comme l’enfant qui se manifeste en lui, comme s’il était mon enfant, celui que j’ai choisi, désiré, mis au monde, pour lequel je veux le meilleur de chaque jour et le miel de la vie…. Parce que nous avons peut-être 30 ou 50 ans, mais chacun de nous, dans la relation aux autres, a simplement l’âge de l’élévation spirituelle de son enfant intérieur !

complicesLes animaux savent respecter la fragilité de l’enfant qui est en face d’eux, les petits enfants entre eux sont souvent capables d’empathie et de partage, les parents sont attentifs à leur progéniture, et nous, aujourd’hui, pouvons découvrir quelle clé spirituelle ils nous montrent tous !

Soyons capable de discerner en nous, et en l’Autre qui nous malmène ou nous heurte, des enfants simplement  immatures spirituellement, des enfants trop petits pour avoir la réponse appropriée à la situation, mais en chemin vers le meilleur d’eux-mêmes ! Choyons-les pour les encourager à progresser comme nous le ferions de notre propre enfant de chair.

Ce n’est pas un « défaut » d’être un enfant, c’est un passage obligé dans toute évolution. Ce n’est pas un « manque », c’est un chemin nécessaire vers l’âge de sagesse.

trop petit

« Soyons capable de discerner en l’Autre cet enfant trop petit pour faire face à la situation…. Laissons- nous attendrir : il fait son maximum! »

 

 

 

 

Par contre « demander trop » à un enfant, c’est le maltraiter. De la même manière, demander à quiconque de se conduire en être spirituellement avancé s’il est encore « enfant » dans son évolution, c’est anormal et violent. Respectons la maturité de chacun avec cette clé essentielle et fabuleuse !

Jouons à ce cache-cache spirituel pour découvrir avec les yeux de notre cœur l’enfant qui se cache en nous et dans celui ou celle qui a besoin de notre patience, de notre soutien, de notre indulgence, de notre bienveillance… ou de notre pardon.

tout petit

Toute vie qui se manifeste en «  petit » est attendrissante…  Quelle belle humilité la vie nous propose de retrouver dans cette immaturité naturelle, lorsque nous nous attendrissons devant un bébé, un enfant, un petit d’animal  !

Jésus disait « Laissez venir à moi les petits enfants ». Et si c’était déjà nous donner cette clé de l’Amour Inconditionnel ? A son exemple, accueillons-les, ces enfants cachés dans les adultes maladroits que nous sommes !

Nous grandirons avec eux. Nous grandirons tous ensemble. Dans la Paix. Dans L’Amour Inconditionnel !


Claire BURELAuteure: Claire BUREL, Auteur, Thérapeute, Conférencière et Blogueuse
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Claire BUREL | Et si jouer à cache-cache était une attitude spirituelle ?

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