Rencontrer son ombre (2e partie) : les relations affectives

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En dehors de l’ombre[i], qui concerne les projections sur les personnes du même sexe, nous sommes également habités par une ombre contrasexuelle, que Jung appelle l’anima pour l’homme et l’animus pour la femme.

 Lisbeth Von Benedek

Vous avez manqué la première partie… cliquez ici.

Compenser le déséquilibre entre le Moi et le Soi

C’est pendant la seconde moitié de la vie que l’animus et l’anima vont se confronter à l’ombre. Dans ce cas, les projections, autant des qualités que des défauts, sont dirigées vers les personnes du sexe opposé. Ces défauts et ces qualités que nous leur attribuons, ce sont, en fait, les nôtres.

Animus et anima établissent toutes sortes de relations entre la conscience individuelle et l’inconscient. Ils créent surtout des contenus opposés à ceux du conscient, afin de compenser le déséquilibre entre le Moi (ce que nous croyons être) et le Soi (notre personnalité authentique). Les observer en action dans nos interactions avec l’autre, surtout dans le cas de nos attirances, coups de foudre, mésententes et difficultés de communication, permet de mieux nous comprendre (et les autres aussi) et de mieux choisir (est-ce possible?) nos relations affectives et amoureuses.

C’est d’ailleurs à travers nos relations amoureuses que nous pouvons le mieux prendre conscience des effets d’animus et d’anima. À condition, bien sûr, que nos mécanismes de défense ne s’y opposent pas trop…

L’anima est la part féminine chez l’homme

L’anima est la représentation féminine dans l’imaginaire de l’homme. Elle se manifeste par des projections sur les femmes importantes de sa vie: sa mère, ses sœurs, sa conjointe et ses maîtresses… L’anima se manifeste souvent dans ses rêves et ses fantasmes.

Lorsque la présence de l’anima est positive, Monsieur parvient à harmoniser son côté masculin et son côté féminin. Il peut alors exprimer toute sa douceur, sa sensibilité, ainsi que sa capacité d’intuition et de relation profonde avec lui-même et avec les autres. Mais il restera lui-même, un homme rationnel et objectif.

En revanche, si son anima est trop négative, il va chercher à contrôler sa conjointe, et exiger «qu’elle soit toute à lui», mais il la repoussera s’il a l’impression qu’elle l’envahit et cherche, elle aussi, à le contrôler.

Il aura tendance à être égocentrique, revendicateur, instable, capricieux, susceptible et souvent de mauvaise humeur. Il lui sera alors difficile, voire impossible, d’établir des liens profonds avec les femmes. Une anima négative indique généralement que les liens avec la mère n’ont pas encore été coupés.

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L’animus est la part masculine chez la femme

L’animus est la représentation masculine dans l’imaginaire de la femme. Il se manifeste habituellement par des projections sur les hommes importants de sa vie: son père, ses frères, son conjoint, ses amants…

Lorsque la présence de l’animus est positive, Madame parvient à harmoniser son côté féminin et son côté masculin. Elle peut alors être très active, rationnelle, rigoureuse, combative, performante et indépendante, sans renier sa féminité et son affectivité.

En revanche, si son animus est négatif, ses relations seront souvent colorées par des rapports de force. Elle aura tendance à être hyperactive et dominatrice et cherchera à détenir le pouvoir. Ses opinions seront tranchées et «toutes faites» et ses paroles acerbes et péremptoires. Elle dira bien trop souvent que c’est elle qui a raison.

Lorsqu’animus et anima se substituent à la personnalité

Lorsque l’animus et l’anima sont trop négatifs, ils finissent par se substituer à la personnalité, au lieu de se contenter d’établir un pont entre le conscient et l’inconscient de l’homme ou de la femme. Plus Monsieur et Madame sont sous leur emprise, moins ils sont conscients de leurs effets négatifs, aberrants et parfois destructeurs. Dès qu’ils acceptent de se confronter à ces caractéristiques de leur ombre, leurs relations deviennent plus faciles et surtout plus saines.

Un bon exercice d’observation de soi… et de l’autre

C’est leur faute, si je n’ai pas fait d’études, si je ne trouve pas de travail, si je vis dans la pauvreté, si j’ai tendance à être dépressif, si mon conjoint m’a quitté, si je suis dépressif…

Avant et pendant le processus d’individuation, autour de la quarantaine, il arrive fréquemment que l’on soit tenté de faire porter l’odieux de nos difficultés sur les autres, à commencer par nos parents et nos enseignants, notre conjoint ancien ou actuel, et souvent aussi les personnes avec qui nous travaillons. Ce sont de parfaits boucs émissaires !

Tant que nous sommes empêtrés dans tous ces problèmes relationnels, surtout avec nos parents et nos frères et sœurs, nos relations amoureuses ne peuvent s’épanouir.

[i] L’ombre personnifie tout ce que l’on refuse de reconnaître et d’admettre de soi, sur soi et en soi. Son intégration constitue une étape importante et critique (difficile) du processus d’individuation dont le but est de rendre notre personnalité plus authentique puisqu’elle sera moins divisée entre les demandes de l’extérieur et l’appel de notre être intérieur.


mpdessaint1-230x230Auteure: Marie-Paule Dessaint, Ph.D., Auteure, Conférencière et Accompagnatrice du changement. Pour consulter la fiche professionnelle de Marie-Paule sur Le RIME, cliquez ici.

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