Pandémie et la dépendance à l’autre

Nous naissons seuls, entourés et aidés, certes, mais l’effort, la volonté de vivre dépend de l’enfant qui traverse cet étroit tunnel le guidant d’une « caverne sous-marine » à un espace aérien. Un changement de milieu radical pour l’organisme.

Aux derniers jours de nos vies, il nous faut aborder cet autre « tunnel » construction de notre cerveau, qui aide au passage vers un peut-être. Au bout de ce tunnel, et même avant, il semble que les gens qui nous ont aimés viennent aider et participer à cet abandon de tout ce qui a été. Si difficile à comprendre, à construire et à ressentir.   Beaucoup de monde entre deux solitudes, et pourtant, ces solitudes inscrivent les deux plus importants instants de nos existences.

J’ai donc trouvé fascinant, tout au long de cette pandémie qui viendra à terme « bientôt », à quel point surgissait la sensation d’isolement, de replis sur soi et sur cette obligation d’être seul. Pour beaucoup, une sorte de répétition générale des derniers instants… ou des premiers. En tout cas, une forme d’insécurité profonde face à la perte d’une vie protectrice, faite d’un brouhaha de choses quasi inutiles, mais propre à nous tenir dans une illusion d’action.

Le plus marquant chez plusieurs était l’incapacité à accueillir le silence complet. Il leur fallait de la musique, du bruit de circulation, quelque chose qui les maintienne dans un monde « actif ». D’autres commençaient à craindre que leurs méditations s’éternisent et prennent tellement d’ampleur en raison du temps disponible, qu’ils quittent le monde sans s’en rendre compte. Partout, un besoin de se « bio localiser » en rapport aux autres surtout. Tous les interdits de voyage au loin, et même en proximité, établissaient une perception de réduction de l’espace perceptuel. On s’est mis à évoquer de plus en plus la « santé mentale ».

Avec un pas de recul, juste pour observer, il m’apparaissait comme une évidence que tout cela n’était que la « matérialisation » concentrée des troubles récurrents de nos patients : besoin d’identité, de reconnaissance, de valorisation et nécessité d’un objectif. Cette pandémie a permis, au-delà des virus, d’amener la population à s’interroger sur elle-même, sur son rôle réel et sur sa (pardon à l’avance) profonde inutilité en ce monde. Émotivité à part, il était possible, sans trop de difficulté, de réaliser que notre planète pouvait se passer de plus de cinquante pour cent de ses habitants, sinon plus.

L’enseignement premier que j’en retire est l’urgence de se définir soi, par rapport à soi. Une des problématiques majeures des communications Internet a été la conscience du look et de l’impact de l’image. Désormais, avec le «retour à la normale » : qui nous sommes, individuellement,  va prendre beaucoup plus de place dans le rapport à la société et dans le rôle que nous voulons assumer.


Alain Marillac, hypnothérapeute: www.enequilibrebedford.com

Et https://www.mutationexponentielle.com/

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Alain Marillac | Pandémie et la dépendance à l’autre

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