Ce que les voyages et le nomadisme m’ont appris

Le 15 avril dernier, j’étais de retour au Québec. Depuis mon départ le 16 septembre 2018, j’ai passé 211 jours en voyage, soit 6 mois et 29 jours. Disons sept mois pour arrondir. Suisse, France, Maroc (2 semaines), La Réunion (2 mois), l’Inde (10 jours) pour finir par le Sri Lanka (+ 2 mois) et la Suisse (10 jours).

De retour en Suisse, la semaine passée, en transit entre le Sri Lanka et le Québec, une seule envie (la même que l’an dernier à la même époque) : me poser, me recréer un cocon de vie, avoir ma maison, être dans mes affaires, celles qui sont dans un entrepôt depuis quatre ans, et rayonner dans le monde depuis mon chez-moi, que je n’ai plus depuis quatre ans puisque je suis devenue  nomade en mai 2015.

Des rêves réalisés

En janvier 2014, j’ai décidé de réaliser trois rêves : voyager, écrire et prendre des photos. Un quatrième est venu s’ajouter pour permettre aux trois premiers de me permettre de vivre de ces rêves : animer des stages de développement personnel.

C’est ainsi que je suis partie d’août à octobre 2014, un mois en vacances en Norvège et deux mois à sillonner l’Europe francophone pour animer des stages. J’étais très heureuse de puvoir réaliser ces rêves, enfin ! Je suis revenue passer l’hiver au Québec pour me rendre compte que je n’avais pas tant de choses à y faire l’hiver. J’ai donc décidé que, l’année suivante, après ma tournée de stages, je prendrais trois mois à voyager. C’est ainsi que, l’année suivante, la vie (une cliente, en fait ;-)) m’a invitée au Sri Lanka où j’y ai passé trois mois.

 

Un choix de vie nomade

Au départ, en 2015, je ne pensais pas devenir nomade mais je n’avais pas les moyens de payer un logis fixe au Québec pendant que je passais six mois à l’étranger. Je n’avais pas non plus envie de gérer une sous-location à distance. Le nomadisme s’est donc installé de lui-même dans ma vie sans que je l’aie vraiment choisi.

Je ne cherchais même pas à fuir l’hiver québécois. J’avais juste plus d’activités rémunératrices hors Québec à cette période, des projets intéressants qui se passaient hors de ce continent durant les mois plus froids.

J’ai donc, d’une année à l’autre, continué mes escapades dans le monde en hiver et revenais au Québec durant les six beaux mois plus chauds. En colocation. Je n’ai donc plus de chez-moi depuis quatre ans.

Ce que j’ai appris de cette vie de voyages et nomadisme

Dès mon premier voyage, en automne 2014, j’ai appris/réalisé plusieurs choses très importantes sur moi, qui se sont confirmées avec ces années de nomadisme. J’en fais aujourd’hui une synthèse avant de commencer une nouvelle boucle de vie où voyages et sédentarisme seront dorénavant vécus ensemble. J’ai appris… :

  1. que c’est en voyageant que je me retrouve et me ressource, que je peux vraiment Être pleinement moi-même. Dans la routine quotidienne, on ne ressent plus cet espace de liberté qu’on a quand on voyage, loin de notre quotidien, des attentes des gens qui nous entourent, de ce qu’on pense devoir être ou faire. En voyage, l’inconnu dans lequel on se retrouve, et être inconnu(e), surtout, nous permet d’être vraiment qui on est. C’est très ressourçant et fait beaucoup de bien. Cela nous ramène à qui on est vraiment au fond de soi, à reprendre contact avec notre être véritable, à se donner tout l’espace pour Être à nouveau vraiment. On peut regarder loin en avant, à l’infini, et créer ce qu’on veut…
  2. que je suis tout à fait sociale et vivable avec du monde. Depuis toute jeune, on m’avait tellement fait croire que j’étais invivable avec du monde (à cause de mon caractère) que j’y ai cru longtemps. J’ai donc vécu la majeure partie de ma vie d’adulte seule.
    Voyager, être hébergée chez des gens et animer des stages résidentiels de développement personnel m’a permise de réaliser que ces croyances étaient totalement fausses, que je suis tout à fait sociable et « vivable » et, surtout, que j’aime ça et que ça me manque quand je me retrouve seule. Je suis, dans le fond, une personne qui aime profondément les gens, qui apprécie leur compagnie et je me sens appréciée aussi. Mon caractère a dû s’adoucir avec les années ;-). Je ne m’attache pas facilement mais j’apprécie la présence des belles personnes de coeur.
  3. que je peux vivre avec très peu de choses. Une valise et un sac à dos quand je suis en voyage. Un peu plus de choses quand je suis au Québec mais pas tellement, dans le fond. On finit toujours par remettre les mêmes vêtements qu’on aime ;-). Un logis agréable est aussi nécessaire, bien sûr, mais je ne brigue pas le 5*****, pas du tout, tant que c’est propre et fonctionnel.
  4. que ce qui me manque le plus parfois, en voyage, c’est pouvoir me faire à mangerce que j’aime et me fait du bien. Pouvoir faire à manger quand et comme j’ai envie. Comme je suis toujours hébergée chez des gens, je m’adapte à leur façon de manger. Quand je rentre au Québec, je suis toujours heureuse de retrouver mes cartons avec mes pots d’épices, de céréales et autres aliments.
  5. qu’être hébergée chez des gens veut aussi dire vivre dans leur vie et non plus vivre tout à fait la mienne. Quand on est de passage chez quelqu’un, installé dans son mode de vie, on doit s’adapter à sa routine, souvent bien agréable (sinon je ne resterais pas, évidemment) mais ce n’est pas mon rythme de vie.
    Pour vivre des moments où j’ai l’impression de vivre MA vie, je sors et vais faire mes affaires seule. J’ai besoin de ces temps de solitude pour me ressourcer à ma façon. Je tente aussi d’apporter quelques moments de ma vie dans la leur en leur partageant un repas que j’ai fait ou autre activité.
    Anecdote : on a tellement ri quand j’ai fait des spaghettis aux jeunes au Sri Lanka et leur ai montré comment tourner les spaghettis avec leur fourchette dans une cuillère, comme en Italie !
    J’ai aussi hâte de me retrouver chez moi, cependant, pour pouvoir vivre mon petit côté plus « traîneux », pour ne pas dire un peu bohème, propre mais pas parfaitement rangé en tout temps !
  6. que j’ai pu sortir de ma cachette(de derrière mon ordi, à travailler seule avec mon chat chez moi durant des années) sans danger. La vie ne m’a pas épargnée en termes de violences psychologiques et physiques, depuis l’âge de 5 ans dans ma famille, durant mes études puis avec des collègues de travail, voire même des gens qui se disaient mes « amis ». Pour en avoir trop vécues, j’avais une profonde peur des critiques et des remarques désobligeantes, injustes et/ou violentes envers moi ou d’autres. Je suis restée ainsi « cachée » de la société durant des années, pour ces raisons, privilégiant les relations un à un et le travail chez moi en solitaire.
    Aujourd’hui, j’ai toujours un peu peur de ces remarques mais voyager et me lancer dans l’animation de stages de développement personnel m’a permise de reprendre confiance en moi. Je suis aujourd’hui beaucoup plus apte à accueillir sereinement des moments plus désagréables avec des personnes. Ce sont des moments qui me donnent toujours des leçons de vie et m’aident à grandir et à renforcer la valeur que j’ai de moi. Chaque personne qui passe dans ma vie est un enseignant…
    De tout temps, je me suis toujours fait un point d’honneur de régler rapidement les différends afin de toujours retrouver la paix dans la relation, d’abord, mais aussi, inconsciemment, pour que ces personnes ne quittent pas ma vie, qu’elles soient proches ou pas de moi. J’avais tellement été seule que je faisais tout pour ne pas l’être, du moins est-ce ce que je croyais. J’avais l’impression que, si elles quittaient ma vie, j’étais en échec, moi l’idéaliste qui pensais que tout le monde peut s’entendre et se respecter. Je faisais donc tout pour être aimée, en fait.
    Aujourd’hui, ce genre de personnes ne fait plus partie de ma vie ou passe rapidement. J’ai choisi de les en sortir moi-même. Je me suis choisie, au final, et je m’en porte bien, allégée. Je n’ai plus à tout faire pour attirer/garder, voire quêter, de « l’amour », de la reconnaissance. Je suis bien avec moi-même. On ne peut pas être bien/aimé/aimant avec tout le monde. Des gens entrent dans notre vie. Certains restent, d’autres passent.
  7. que mon lieu de vie va être au Québec. Ces voyages m’ont fait réfléchir à l’endroit où j’aurais EU envie de vivre, autre que le Québec où j’ai eu l’impression d’avoir fait le tour. Surtout que mes activités en tant que thérapeute ne fonctionnaient pas bien là ces dernières années, contrairement à ailleurs dans le monde.
    J’ai eu envie de revenir m’installer en Suisse où j’aurais été plus proche des autres pays d’Europe, du Maroc, de l’Asie. Besoin, surtout, de sentir mes racines, de retrouver mes amis de jeunesse et de la famille. Retrouver un cocon dont j’ai besoin après toutes ces années vécues en solitaire, loin de mon pays d’enfance (j’ai immigré au Québec en 1986 et n’ai eu que des relations amoureuses décevantes). Au fil de ces dernières années de nomadisme et de colocation, j’ai pris goût à vivre avec du monde et j’en ai besoin sauf que vivre en Suisse coûte très cher et j’aurais tout à recommencer à zéro. J’ai donc décidé que, à moins de gagner au loto, je devais, pour le moment, me réinstaller au Québec. Du coup, je réalise combien j’ai de bons amis au Québec et je me réjouis de les retrouver et de créer les projets qui me tiennent à coeur.
    J’ai aussi eu des invitations à aller m’installer au Sri Lanka mais je ne me vois pas y vivre à l’année. Je vais y retourner 2-3 mois par an… durant l’hiver au Québec !
  8. que je suis une bonne thérapeute. Mes stages de développement personnel apportent beaucoup de belles choses aux participants. J’ai reçu des témoignages magnifiques. Encore aujourd’hui, plusieurs années plus tard, je suis encore en contact avec plusieurs participants. C’est toujours une grande joie pour moi d’en animer et je sens que j’y suis vraiment à ma place.

Marché d’Essaouira, Maroc

  1. que la joie et le bonheur sont là, partout, quand on le désire. Dans chaque instant de vie, dans chaque personne rencontrée, dans chaque nouveau lieu visité, dans chaque moment partagé avec quelqu’un, peu importe où, on peut vivre un moment de bonheur. Il suffit de décider de vivre ces moments et de s’y ouvrir avec le coeur ouvert, positif et sans attente. Mais ça, c’est la recette du bonheur au quotidien, qu’on soit nomade ou pas ;-). Mon truc : le sourire. Partout où je passe, j’aime sourire aux gens. Voir leur visage s’illuminer alors et le sourire apparaître dans leur visage me comble de joie.
  2. que les cadeaux de la vie sont quotidiens. Mon coeur est chaque jour rempli de profonde gratitude pour toutes les belles personnes qui m’accueillent et m’hébergent chez elles avec tant de générosité et de bonté. Merci pour la maison, le lit, les repas, la bonté, les sourires que je reçois chaque jour. Merci la Vie et merci à toutes ces magnifiques personnes d’être sur mon chemin !
  3. que je n’ai plus besoin de passer des heures sur mon ordinateur chaque jour. Je peux gérer la majorité des choses avec mon téléphone. A tel point que, quand je voyage, je ne sors mon ordi que quelques heures par semaine et je n’en ai même pas envie. Depuis 22 ans que je suis sur le web, j’ai de plus en plus envie de ne plus y être, de revenir au temps où on se parlait, se rencontrait pour de vrai. J’avoue néanmoins que c’est grâce au web que je me suis fait de bons amis et que j’ai pu ainsi voyager donc… je reste sur le web mais plus raisonnablement !
  4. que je suis totalement libre de créer ma vie. Tellement libre que, parfois, je ne sais plus par quel bout commencer ! La vie d’électron libre nomade en est une de création quotidienne. Les horizons sont infinis et ouverts à tout. J’ai juste à décider ce que je veux vivre et je le crée alors…

N’allez pas croire que cette vie de nomade est facile tous les jours mais, quand je suis partie pour les premiers trois mois en 2014, je m’étais fixé un point d’honneur – j’avais clairement décidé ! – d’apprécier chaque instant de façon positive et de lâcher prise sur le passé. Je partais pour une nouvelle vie que je voulais heureuse et je l’ai créée. J’ai ainsi vécu des moments qui auraient pu être difficiles avec simplicité, gratitude et même bonheur.

Tout est dans la façon qu’on a de voir la vie, les situations, d’en faire des interprétations, de les apprécier ou de s’en plaindre. Tout est dans la DÉCISION qu’on prend à chaque instant d’être heureux ou pas…

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De tout coeur

© Dominique Jeanneret
Thérapeute holistique, accompagnante psycho-spirituelle

 

Dominique Jeanneret | Ce que les voyages et le nomadisme m’ont appris

Commentaires

1 Commentaire
  • marie-claude rondeau
    Publié à 09:54h, 04 septembre Répondre

    Quel plaisir de te lire! J’ai voyagé un moment avec toi en faisant la lecture. Merci de partager ton histoire, elle donne le goût de voyager, d’aller à l’essentiel, de se dépouiller. Merci encore! xxx

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