L’herboriste moderne, qui est-il?

L’herboristerie est une médecine ancestrale et traditionnelle utilisée par les femmes et les hommes depuis tellement longtemps. J’aime penser que ces traditions existent depuis la naissance de l’humain et de la terre. Cette pratique a su guider les pas des êtres à travers le temps en portant différents noms selon les époques et les différentes sociétés. En Europe, il y avait des druides, en Sibérie les shamans ont vu le jour et il ne faut pas oublier les chasses aux sorcières dans l’époque médiévale qui teinta d’une ombre cette approche naturelle.

Dans toutes les nations et dans tous les peuples, il y avait un homme ou une femme médecine qui connaissait les plantes l’entourant pour soulager ces pairs. Ici au Québec, les autochtones nous ont initiés à la tradition de la forêt et des prés. Les arbres sont en avant-plan de cette riche médecine. Ils étaient utilisés de la racine à la feuille, en passant par la sève et la gomme. La nature était honorée et respectée. Un échange était créé entre le cueilleur et la plante cueillie souvent en offrant des cadeaux à la forêt.

À cette époque, ce savoir était transmis de génération en génération et la tradition pouvait continuer d’être pratiquée. La guérison par les herbes était aussi apprise par l’observation et par intuition voire même par méditation. Bien sûr, il existe des plantes toxiques qui ont probablement été découvertes par les risques que prenaient certains courageux. Même que certaines se sont avérées efficaces pour différentes maladies en petit dosage selon les écrits retrouvés. Encore aujourd’hui, l’herboristerie reste selon moi un art où l’on crée des mélanges de plantes bien dosées et magnifiquement utilisées dans des synergies complexes.

À l’heure où la technologie remplit nos vies, les herbes médicinales sont de plus en plus étudiées par le biais de tests en laboratoire. Cela nous permet de comprendre pourquoi elles étaient choisies pour une maladie au détriment d’une autre. Bien sûr, la science ne peut pas tout expliquer, mais cela donne un sens à une herboristerie moderne en plein essor. Elle nous permet de peaufiner notre pratique et ainsi diminuer les risques que pourrait s’exposer un individu à consommer l’une de ces plantes. Pour éviter des surprises fâcheuses, les plantes toxiques ne sont plus utilisées aujourd’hui dans les préparations, même à petite dose. Rares sont ceux qui osent s’y aventurer. Il est maintenant tout à fait sécuritaire de se soigner par le biais de plantes médicinales provenant d’un herboriste certifié.

L’herboristerie moderne, comme j’aime la nommer aujourd’hui, est légèrement différente de ce qu’elle était. Bien sûr, il existe encore des transformations ancestrales qui sont utilisées de nos jours, mais nous avons accès à de meilleurs outils ainsi que de l’équipement qui nous permet d’être précis et concis dans nos formules. Aussi, nous pouvons choisir des plantes médicinales qui proviennent de tous les milieux, ce qui laisse place à un mélange extraordinaire de savoir millénaire planétaire. Nous avons la végétation québécoise à notre portée, mais nous pouvons allier nos chères plantes avec celles utilisées par d’autres pratiques comme la médecine traditionnelle chinoise ou bien l’ayurvéda pour ne nommer que ceux-ci.

L’herboriste moderne peut suivre son instinct vers la tradition qui lui plait le plus ou même associer plusieurs plans de traitement venant de différents pays. Pour ma part, je trouve important de connaitre la flore québécoise et le savoir sacré ancestral des autochtones, mais ma pratique est aussi teintée de l’herboristerie occidentale qui nous est enseignée dans les écoles d’ici. L’herboristerie occidentale provient d’Europe, pendant la colonisation des territoires d’ici. Lorsqu’ils sont venus, ils ont apporté des graines et des semences qu’ils ont plantées sur nos terres. C’est pourquoi notre végétation aujourd’hui est un mélange de plantes indigènes (c’est-à-dire qu’elle était déjà ici) et d’herbes très semblables à l’Europe. De plus, ayant travaillé dans plusieurs magasins de produits naturels pendant plusieurs années, j’ai eu des coups de cœur pour différentes plantes médicinales provenant de la tradition ayurvédique tels que l’ashwagandha ou même le rhodiola qui pousse dans les pays nordiques comme la Norvège ou la Sibérie. Vous comprendrez que nous pouvons maintenant planter ces herbes ici pour les glisser dans nos formules !

Être herboriste et travailler avec les plantes médicinales est une profession qui gagne à être connue et qui selon moi devrait être enseignée à toutes les familles. Il est maintenant possible pour vous de devenir le thérapeute holistique de votre famille en suivant un cours de quelques mois qui vous permettra d’apprendre les bases de l’herboristerie. Si vous cherchez à devenir herboriste-thérapeute, il vous faudra apprendre l’anatomie et la biologie ainsi que les propriétés des herbes que vous utiliserez lors d’une rencontre avec votre client. Pour ce faire, il vous faudra quelques années pour l’obtention de ce diplôme.

Il existe aussi une catégorie d’herboriste qui s’est lancé dans la culture de différentes plantes médicinales et qui ne font pas de consultation privée. La dernière catégorie et non la moindre est l’herboriste-fabricant, celui-ci apprend à confectionner toutes ces préparations, mais aussi ces propres cosmétiques, ces produits d’hygiènes et ménagers. Ce cours peut être suivi sur une année ou sous forme d’atelier par-ci par-là.

Comme mon métier me passionne et m’anime, j’ai suivi des formations d’herboriste-thérapeute et d’herboriste-fabricante qui me permettent d’offrir des produits à base de plantes de qualités, des balades d’identification en forêt, des ateliers de fabrication et des conférences, mais aussi des consultations privées. J’adore apprendre ! Par ailleurs, j’aimerais vous introduire à certaines méthodes de préparations.

Pour être utilisée de façon adéquate, les plantes médicinales, une fois cueillies, requiers quelque transformation. Il y a quelques préparations qui sont plus simples que d’autres comme une infusion ou une décoction. Ensuite, il y a les préparations qui se conservent plus de 24 h telles que les vinaigres, les glycérés ou les teintures mères.

Une infusion peut être chaude ou froide et demande peu d’équipement. Vous pouvez choisir une plante fraîche ou séchée que vous allez mettre dans l’eau. Si elle a été bouillie, vous n’avez qu’à attendre quelques minutes et puis vous pourrez déguster. Si votre eau est froide ou tiède, je vous suggère de laisser tremper l’herbe choisie quelques heures ou même toute une nuit. Elle déversera ses propriétés dans le liquide en le colorant quelque peu, plus il sera foncé, plus ce sera concentré.

Une décoction est plus efficace pour les parties de la plante plus coriace comme la racine. Qu’elle soit fraîche ou séchée, vous devez la faire bouillir dans votre eau quelques minutes à quelques heures.

Un vinaigré peut se conserver jusqu’à deux ans, ce qui lui procure un avantage si vous ne voulez pas utiliser votre préparation immédiatement. Un vinaigré consiste à faire macérer l’herbe de votre choix dans le vinaigre pendant minimum un mois. Comme le vinaigre de cidre de pomme procure des bénéfices pour le corps humain, dont le partage de vitamine et de minéraux, il sera intéressant d’utiliser celui-ci pour vos préparations.

Un glycéré ou un hydroglycéré est une préparation de plante à base d’eau et de glycérine végétale. Cette transformation peut être utilisée avec des enfants, des femmes enceintes ou allaitantes. Comme la glycérine végétale est digérée au même degré qu’un gras, les diabétiques peuvent aussi consommer cette potion.

Une teinture ou une teinture mère se fait à base d’alcool et d’eau. La teinture est faite à base de plante séchée tandis que la teinture mère se fait à partir de l’herbe fraîche. La partie de la plante que vous choisirez est importante ainsi que l’utilisation que vous souhaitez en faire. Le degré de concentration de l’alcool sera choisi en fonction du résultat que l’on vise. Cette préparation peut se conserver plus de 10 ans et vous permettra d’avoir sous la main une formule rapide et efficace en toute saison.

Un extrait oléique ou une macération de la plante dans une huile végétale sera la base de tout produit comme les baumes, les onguents et les crèmes que vous voudriez formuler. De la même manière que les autres préparations, l’herbe séchée doit être macérée dans une huile végétale pendant un mois minimum.

Parmi tous les thérapeutes holistiques, je considère que l’herboriste détient une place importante au sein de ses professions et qu’il ne peut plus être considéré tel un charlatan. L’herboristerie n’a plus à faire ses preuves et peut très bien se faire une place auprès de la médecine conventionnelle. D’ailleurs, plusieurs plantes sont déjà utilisées pour fabriquer des médicaments que vous consommez régulièrement. L’aspirine est un bon exemple de médicament en vente libre qui contient de l’acide salicylique extrait de l’écorce de saule. Comme l’herboristerie s’adapte à travers les générations et les époques, j’estime que cette approche ne disparaitra pas de sitôt et que nos enfants pourront en bénéficier eux aussi à leur tour.

Peut-être est-il temps pour vous de découvrir l’herboristerie et ce que cette pratique ancestrale peut apporter dans votre vie ?


Jessie Séguin

J’aimerais découvrir les ateliers offerts par Jessie. 

Visionne cette vidéo pour plus de détails sur le métier d’herboriste !

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Jessie Séguin | L’herboriste moderne, qui est-il?

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