L’humour et le jeu en thérapie

Dans le flot des rencontres et des problèmes des autres, il est bon de s’aérer la tête au sein du travail. Autant pour soi que pour ses clients.

Je me souviens d’une année où, pour alléger les choses, j’avais pris les titres des films de James Bond pour identifier les problématiques de ma clientèle. Un outil pratique et ludique à la fois, même s’il ne couvrait pas tout. Imaginez juste un instant ce qu’il est possible d’organiser autour de : Dr No – période de négation, de refus d’engagement ou de soi, etc. Goldfinger : accepter ses talents et se structurer, etc. Opération Tonnerre : travail sur la colère et le ressentiment ou encore les acouphènes. Quant à mourir peut attendre : c’est le travail sur le deuil notamment. Bref! Amusez-vous à imaginer. Il y a 26 titres.

C’est « l’inutile » de la démarche qui apporte la fraction de sourire qui se glisse dans ces fonctionnements simples. Cela vise à nous détendre nous-mêmes tout en restant opérationnel.

L’essentiel est de conserver une part de légèreté face aux diverses problématiques que nous croisons. Pour être efficaces, nous devons être « dégagé » mentalement, ce que je définis souvent comme de « l’indifférence hyper attentive », un recul qui facilite la vision et l’action.

Ceux qui me connaissent un peu savent déjà qu’avec les jeunes enfants (entre 6 et 12 ans plus ou moins) je vais surtout utiliser l’hypnose conversationnelle liée à des tours de magie (je ne suis qu’un amateur, mais ça suffit). Toute la rencontre tourne autour des tours. Grâce à la magie, ce qui semble impossible apparait ainsi, soudain, réalisable.

Un truc simple peut aussi devenir marquant, avec les adultes. Ils comprennent bien qu’il s’agit là d’un truc de manipulation, mais ils intègrent le sens de ce que je leur montre. Deux élastiques qui semblent passer l’un à travers l’autre viennent seulement dire : en travaillant, on peut dépasser ce qui semble impossible. L’apparence n’est pas toujours la réalité, etc.

Il y a de multiples avantages à cette approche, tout d’abord le contexte de travail devient ludique. Avec les enfants c’est une heure de magie dans laquelle j’aborde leur problématique telle que l’énurésie, j’explique et donne des outils pratiques et je place des ancrages qui agiront durant la semaine. Bien entendu, avant la rencontre j’en ai discuté avec les parents, qui ainsi, ne sont pas étonnés de mon approche et l’enfant participe sans crainte.

Le cœur de l’action est de faire tomber les résistances, d’amener un sourire et une sorte de dissociation d’avec la problématique. Apparaît alors, l’espace nécessaire pour l’action thérapeutique.

Dans ce type d’approche, pas besoin d’être un professionnel de l’humour ou un magicien chevronné, il faut juste posséder une vingtaine de petits trucs simples, mais surtout en connaître les possibilités thérapeutiques. J’achève d’ailleurs un ouvrage sur le thème.

Pour ceux qui préfèrent l’humour, les blagues et les jeux de mots, c’est un peu la même route, même si tout se passe au plan verbal et que,  patient ou patiente, doit avoir la tête prête à cela. Dans un registre très proche, avec les adolescents, par exemple, j’use de suggestions en slam.

L’important est que la problématique soit remise en question, qu’elle soit désamorcée et qu’elle perde son « pouvoir ». À partir de là, il s’agit de reconstruire.

Je reviendrai, dans un autre texte, sur un autre plaisir, celui  de pouvoir partager avec des professionnels d’horizons variés. Vous savez, les approches intégrées. Il est étonnant de voir comment, par exemple, le travail d’un ostéopathe et celui d’un hypnothérapeute se complètent en travaillant sur deux aspects, ou plus, de la personne. Malheureusement, il devient de plus en plus difficile d’explorer en raison des restrictions qui nous sont imposées.


Alain Marillac, hypnothérapeute: www.enequilibrebedford.com

Et https://www.mutationexponentielle.com/

Alain Marillac | L’humour et le jeu en thérapie

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