Qu’il est difficile d’écouter… (partie 2)

Conversations entendues récemment : Marie pleure. Elle se confie à son amie Céline à qui elle a dit avoir besoin de parler.

  • Marie : Ça fait une semaine que mon fils ne m’adresse plus la parole. Il …
  • Céline : As-tu essayé de le texter? Tu sais, les jeunes, c’est par texto que ça marche!
  • Marie : Oui, j’ai essayé. Il ne répond pas. Je me sens tellement…
  • Céline : Es-tu allée le voir chez sa blonde? Peut-être qu’il a pas vu le temps passer?
  • Marie : Non, je ne veux pas aller là. J’ai besoin de parler avant pour mettre de l’ordre dans mes idées. C’est dur…
  • Céline : Mais tu t’inquiètes pas de savoir s’il va bien? L’as-tu appelé?
  • Marie : Oui, j’ai essayé d’appeler, mais avant, je veux juste parler!
  • Céline : Je ne suis pas une bonne psychologue hein! Je ne te donne pas de bons conseils…

 

Qu’est-ce qui cloche dans cette conversation?

Une interlocutrice mal à l’aise avec les émotions de Marie. Une interlocutrice qui cherche des solutions afin d’atténuer les souffrances de Marie.

La première bonne question à poser à une personne qui vit une émotion et qui veut se confier :

Quel est ton besoin?

Ici, Marie avait besoin de parler. Elle a dit qu’elle voulait mettre de l’ordre dans ses idées. Tout ce que Céline avait à faire, c’était d’écouter Marie. Se taire et écouter. Comme on l’a vu dans la partie 1, la règle de base en écoute est de se taire afin d’accueillir l’autre. Si une personne a besoin de conseils ou d’une opinion, elle va le dire.

On a tendance à penser qu’il faut tout de suite apporter des solutions au problème que vit une personne. Cela répond à notre propre désir d’atténuer les souffrances de l’autre. C’est une belle intention. Toutefois, elle n’apporte pas le résultat souhaité. Une personne qui vit des émotions a besoin de les vivre pleinement. Le meilleur réconfort est souvent une bonne écoute qui permet à la personne de trouver elle-même ses solutions. D’ailleurs, c’est ça, le rôle d’un psychologue ou d’un intervenant en relation d’aide, et non de donner des conseils.

Répondre au besoin de l’autre c’est éviter de vouloir jouer au sauveur. C’est croire aux capacités de la personne à trouver ses propres solutions. C’est accepter le parcours que choisit la personne pour atténuer elle-même sa souffrance. Car au-delà des mots, il y a tout un processus qui se fait au niveau inconscient. Le même processus se met en place la nuit, par exemple, lorsqu’on se couche avec un problème complexe et qu’une solution somme toute assez simple survient le matin au réveil. Ce chemin demande du temps.

Des questions pour découvrir le besoin?

  • Que puis-je faire pour toi?
  • De quoi as-tu besoin?
  • Comment puis-je te soutenir?
  • Qu’est-ce qui te ferait du bien?

C’est tout simple!

Une de mes enseignantes en PNL (programmation neuro-linguistique) nous disait : soyez paresseux! Ne cherchez pas à formuler des conseils. Ne proposez pas de solutions. Faites juste écouter et demander à la personne de quoi elle a besoin. Elle vous le dira. Sinon, dites-lui simplement que vous ne savez pas quoi dire et que vous êtes là pour l’écouter.

Je vous lance un autre défi : observez votre entourage sur le thème développé ici. Vous m’en donnerez des nouvelles!

 

Sylvie Dompierre | Qu’il est difficile d’écouter… (partie 2)

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