Qu’il est difficile d’écouter… (partie 1)

Conversations entendues récemment :

  • Céline : Comment vas-tu?
  • Marie : Ça va pas fort ces temps-ci. On dirait que je n’ai plus d’énergie. Je me sens…
  • Céline : Bah! Tout le monde vit un gros down à ce temps-ci de l’année. J’ai une collègue pis ma sœur qui sont ben fatiguées aussi. Ça doit être la pleine lune pis le manque de lumière et bla-bla-bla…

Après avoir passé un bon 30 minutes à s’intéresser à Jérémie, celui-ci dit à Johanne :

  • Jérémie : Bon, assez parlé de moi. Dis-moi, toi, que fais-tu dans la vie?
  • Johanne : Je suis massothérapeute et…
  • Jérémie : Ah oui! Comme ma conjointe! Elle a suivi son cours à telle école pis elle travaille depuis 5 ans à la clinique UneTelle. J’ai jamais été capable de me faire masser, surtout les pieds. Moi, pour relaxer, je préfère… bla-bla-bla…

Qu’est-ce qui cloche dans ces deux conversations?

Un interlocuteur incapable d’écouter, qui a besoin de se raconter, de mettre l’attention sur lui.

La prémisse pour écouter semblera évidente pour tout le monde. Pourtant, on ne sait pas écouter. Car pour écouter, il faut d’abord SE TAIRE!

Qu’il est difficile de se taire. On parle de pleine conscience, de moment présent. On apprend à respirer, à méditer. Et on est incapable de se taire quand une personne parle.

Lorsqu’on va au cinéma, on se remplit de l’histoire qui se déroule à l’écran. Il devait en être de même avec une personne qui parle de sa réalité. Imaginez tout ce que Céline aurait appris sur ce que vit Marie si elle l’avait écoutée comme si un film se déroulait devait elle. Même chose pour Jérémie qui aurait découvert des choses intéressantes chez Johanne.

Pour écouter, il faut d’abord se taire!

Les clés pour se taire :

  • Respirer
  • Acceptez les silences. Ces moments sont remplis de pensées, d’idées qui se mettent en place, de liens entre les éléments. Ils sont nécessaires. Remarquez les yeux de la personne qui parle. Si elle regarde ailleurs, c’est signe qu’un travail se fait à l’intérieur d’elle. Respectez ce temps précieux en gardant le silence.
  • Concentrez-vous sur ce que dit votre interlocuteur. Vous aurez des pensées, des idées, de liens avec votre propre vécu, des conseils. Mettez tout cela en veilleuse pour entrer dans la réalité de ce qui vous est raconté.
  • Observez votre interlocuteur. Les micromouvements, les expressions de son visage, ses gestes, sa posture, les changements dans sa respiration. 93% de la communication se fait en dehors de mots. Écoutez ce que vous voyez!

Ce que j’apporte ici parait évident. Alors, je vous mets au défi de vous observer et d’observer votre entourage. Vous constaterez que c’est bien beau en théorie, mais peu de gens savent le mettre en pratique.

Le mois prochain, je vous parlerai d’un autre aspect de l’écoute. D’ici là, je vous invite … à vous taire!!!

Sylvie Dompierre | Qu’il est difficile d’écouter… (partie 1)

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