Souffrance et mort

Lorsque nous parlons de la mort, lorsqu’une personne près de nous voit son existence transformée par la perte d’un être aimé, nous constatons, l’effet d’un court instant, qu’une certaine intensité à « vouloir vivre » prend une tout autre importance.

MainDès que nous côtoyons la mort, de près ou de loin, une partie de nous cherche à se faufiler; toutefois, dans notre for intérieur, une autre partie, plus profonde, se mobilise, celle qui tient à son confort, riche de stabilité et de tranquillité. Grâce à cette autre partie, nous voici submergés par le désir de comprendre, ne serait-ce qu’une seconde, ce sentiment de mal-être que la mort soulève en nous. Nous sommes assaillis par de multiples questions et nous espérons trouver des réponses faciles et rapides qui agiront tel un baume pour nous soulager et apaiser cette souffrance manifeste. Nous cherchons à connaître la source responsable d’un tel malaise et espérons retrouver le calme paisible qui nous habitait avant que cette douleur ne survienne. Nous sommes appelés à modifier notre attitude afin de traverser ce moment pénible qui, parfois, prend l’allure d’un précipice ou semble nous placer dans un état de quasi-noirceur.

La souffrance… un tremplin de croissance

 Le cœur ne peut s’ouvrir avant qu’il n’ait appris à souffrir.

Simhananda

Mobilisation qu’apporte la souffrance

CheminToute forme de séparation nous touche, que ce soit la fin d’un emploi, l’annonce d’un cancer ou, pire, la mort du conjoint ou d’un enfant, car la souffrance s’impose indépendamment de notre volonté. Elle exige de nous la mobilisation de ressources intérieures jusque-là insoupçonnées. Lorsqu’une perte matérielle ou physique se produit, désormais, rien n’est plus comme avant. Dès lors, nous nous voyons dans l’obligation de changer le cours de notre vie, et ce, sans avoir été consultés. Nous perdons tous nos repères.

Néanmoins, la souffrance doit être sincèrement abordée, décortiquée, afin que nous puissions mieux la saisir et la comprendre. Puis, graduellement, à travers tout un travail de deuil difficile à amorcer, nous pouvons emprunter une route, bien que pavée d’embûches, qui nous mène à l’acceptation ou, du moins, à la résilience.

De même, l’épreuve entraîne dans son sillage un lot d’émotions que nous préférons éviter. Malheureusement, ou heureusement, selon l’angle de vision adopté, l’être humain, en raison de son corps astral1, ressent des émotions.

Bien sûr, nous aspirons tous à ne vivre que de la joie et du bonheur, sentiments que nous pouvons réellement éprouver en appréciant toute leur grandeur après un épisode de tristesse. L’un ne peut aller sans l’autre; l’un accentue l’effet de l’autre, ce qui nous rappelle l’urgence d’apprécier les instants de béatitude que la vie nous procure et, plus important encore, de prendre conscience du fait que ces instants sont impermanents.

Chaque seconde de ces moments agréables ou désagréables compose l’une et l’autre des faces de la vie et de la mort. À l’image d’une pièce de monnaie, ces faces sont liées l’une à l’autre et sont indissociables; c’est à nous d’apprendre à jongler avec elles. Évidemment, l’aspect « vie » mobilise notre temps actuellement, mais il faut garder à l’esprit que l’aspect « mort » existe tout autant : nous ne devons ni l’ignorer ni l’occulter. Un jour, le temps par lequel nous évoluons se poursuivra tout simplement dans cet autre aspect de la vie.

La force de la souffrance

couloirEn vérité, il nous aura fallu maintes fois éprouver une grande douleur pour que la Lumière nous ouvre les yeux sur la souffrance d’autrui. L’être humain passe par la souffrance pour se transformer et grandir. Ce mal-être peut être engendré par notre résistance à écouter le message qui nous est proposé, soit celui d’opérer un changement imminent. Nous soustraire à la recherche du sens véritable de l’épreuve que nous traversons ne nous conduit qu’à nous centrer très égoïstement sur la douleur éprouvée, puis à espérer nous réveiller de cet horrible cauchemar.

Pourtant, la souffrance nous oblige à approfondir notre façon d’être et de penser, à nous intérioriser. Par tous les moyens nous essayons de fuir cette étape qui, néanmoins, nous amène à constater que, dès l’instant où nous nous éloignons de l’âme, nous nous ancrons davantage dans le monde matériel, celui de la forme. Nous nous assujettissons dès lors à une dépendance.

Notre première dépendance se manifeste lorsque nous sommes bébés et se crée envers notre mère, puis elle se transpose envers nos deux parents et se développe, avec les années, à travers nos diverses relations et expériences. Par conséquent, lorsque les premières déceptions se présentent, il nous semble que la vie nous fait souffrir. Nous passons du bonheur au plaisir, puis à la souffrance, en alternance.

À ce sujet, Simhananda2 mentionne que les personnes qui recherchent continuellement le plaisir sont généralement celles qui souffrent davantage, car, en agissant de la sorte, elles désirent trouver un soulagement par le truchement de ce plaisir à un point tel qu’elles croient pouvoir échapper à la réalité de leur mortalité.

Comment aborder la souffrance ?

Tant que nous n’avons pas consciemment renoué avec notre âme (partie divine en nous), nous pouvons entretenir le doute de ne pas être véritablement vivants jusqu’au jour où, ne considérant plus la Lumière comme une potentialité, nous parvenons à la faire vibrer à l’intérieur de nous. D’ici là, nous sommes tentés d’emprunter la voie de la stimulation des sens afin de nous donner l’impression d’exister. Cependant, plus nos sens sont stimulés, plus nous ressentons une certaine irritation existentielle qui crée l’effet d’un vide immense à combler.

energieUn jour, il nous faut constater que certaines épreuves nous servent d’enseignement, qu’elles agissent comme un instructeur. Elles nous incitent à connaître la véritable signification de la perte intime et personnelle que nous avons subie, et ce, afin de conserver notre équilibre psychologique. Ces épreuves nous invitent à rechercher intensément la Lumière si précieuse de notre âme, Lumière qui sait nous guider vers la juste compréhension de cette souffrance.

Au début, la souffrance que nous ressentons suscite de l’incompréhension, soulève des interrogations qui demeurent sans réponse, pendant un certain temps. Il arrive aussi que les gens de notre entourage se sentent mal à l’aise et impuissants face à la situation que nous vivons, qu’ils essaient de s’éclipser ou d’agir comme si rien ne s’était produit. Dès lors, bien que nous supposions que leurs comportements relèvent de l’inconscience, nous sentons l’indignation et la colère monter en nous, celles-ci s’accompagnant même d’un sentiment d’injustice face à la douleur. Pourquoi ça m’arrive, nous exclamons-nous ! Parfois, nous craignons de sombrer dans un état second.

En ces moments, si nous prêtons intérieurement une oreille attentive à la voix de l’âme qui cherche à se faire entendre, nous pouvons nous laisser guider par elle afin d’émerger de cet état de torpeur momentané. La voix de l’âme veut tout simplement nous dire que l’être humain, en raison de sa nature, ne peut éviter d’éprouver de la douleur, qu’il lui importe de bien la vivre, de ne pas la repousser et de la reconnaître pour la surmonter. La voix de notre âme nous chuchote : « Lâche prise… si un jour tu veux être libéré de cette souffrance ».

La responsabilité de l’âme

Tout au cours de notre vie, l’âme essaie de nous contacter de diverses façons afin que nous prenions conscience de sa présence, de son énergie. Et, bien entendu, une épreuve favorise ce contact… La souffrance ressentie à un tel moment exige que nous procédions à un approfondissement intérieur ainsi qu’à une analyse de soi s’effectuant de façon progressive, en plusieurs étapes, toutes plus ou moins douloureuses les unes que les autres. De même, la souffrance nous dispose à discerner nettement ce qui est bien de ce qui l’est moins et, graduellement, nous oriente vers le détachement de soi et de ce qui nous arrive. Ce processus s’enclenche grâce à l’affrontement des paires d’opposés, comme plaisir et douleur, dont nous prenons conscience et qui, un jour, cède la place à la libération, à l’équilibre, à l’harmonie.

Attitude à adopter face à la souffrance

Prendre le temps de nous arrêter et de bien nous observer est l’attitude adéquate qu’il nous faut adopter face à la souffrance. Cette dernière génère une telle intensité qu’elle doit être utilisée avec créativité, vue comme une « opportunité », reconnue comme un cadeau. En agissant autrement, soit inconsciemment, il y a un risque pour nous de gaspiller cette précieuse énergie offerte. Voilà toute une avenue à explorer ! La reconnaissance de notre nature spirituelle est un atout important, à ne pas négliger. L’être humain naît avec la Vérité enfouie au plus profond de son être, et personne ne peut la lui enlever. L’intériorisation, par la recherche du sens de la vie, de la souffrance et de la mort, est un outil qui favorise l’acquisition de la bonne attitude. Cela ouvre la porte sur un prochain niveau de compréhension qui, néanmoins, ne nous évite pas nécessairement la souffrance. À cet égard, la compréhension, de plus en plus profonde, nous pousse à adopter l’attitude requise, celle d’absorber adéquatement chaque souffrance, de régler avantageusement certaines dettes karmiques et d’éviter d’en créer d’autres inutilement. Cette juste attitude nous encourage à maintenir un contact de plus en plus étroit avec notre âme, contact qui nous fait réaliser notre véritable état d’immortalité.

papillonToute souffrance nous dévoilera un secret occulte, si nous le cherchons adéquatement. En gaspillant notre énergie en gémissements infructueux, nous n’acquerrons jamais assez de force de caractère pour faire surgir le potentiel créatif que notre souffrance est venue éveiller.

Simhananda

Cet article est un extrait du livre Regard nouveau sur la mort… un défi pour l’homme, une joie pour l’âme, Aucune partie de cet extrait ne peut être reproduite par quelque procédé que ce soit sans avoir obtenu au préalable la permission écrite des Éditions Paume de Saint-Germain©.

Hamsa couvertureLes Éditions Paume de Saint-Germain vous présentent un tout nouveau livre, traitant du thème de la mort sous un regard différent. Ce livre est rédigé par les membres de HAMSA, dont le nom signifie « Havre d’Aide aux Mourants au Service de l’Âme ».

HAMSA offre un service d’accompagnement en assurant une présence et un soutien spirituel aux personnes en fin de vie ainsi qu’à leurs proches, et ce, dans le respect de leur cheminement et leurs croyances

 

1 Le corps astral, siège des passions et des émotions, est l’un des cinq corps qui composent l’homme, les autres étant les corps physique, éthérique, mental et causal.

2 Simhananda est un Maître de Sagesse né et vivant en Occident, reconnu pour répandre l’immémoriale Vérité sur un ton résolument moderne, unissant, de ce fait, la Lumière de l’Orient à la Lumière de l’Occident. Son nom signifie littéralement « rugissement du lion ».

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