Apprendre à aimer le chemin

Situation réelle : Mon client arrive dans mon bureau de consultation. Il sait que j’utilise l’hypnose. Il s’installe confortablement dans mon fauteuil et me dit : « Sylvie, vas-y, règle mon problème ! »

Je sors ma baguette magique, je prononce quelques formules et le tour est joué. Il repart satisfait et heureux, car il n’a pas eu à faire le moindre effort et son problème est réglé.

Ça, c’est le rêve de certaines personnes qui croient que le thérapeute a tous les pouvoirs. Ce serait tellement agréable de résoudre ses problèmes.

 

Certains veulent que ça arrive, d’autres aimeraient que ça arrive et d’autres font que ça arrive.


Michael Jordan

Lors du cours d’autohypnose qu’il a donné à Québec en septembre 2018, Kevin Finel expliquait que le cerveau n’est pas programmé pour le long terme. Il recherche la satisfaction des besoins à court terme, les plaisirs immédiats. On comprend donc qu’il est attrayant de vouloir une solution rapide à ses problèmes, surtout si celle-ci ne nécessite pas d’effort.

Or, sachant que ça ne fonctionne pas comme ça, il est possible d’éduquer le cerveau à une gratification échelonnée dans le temps. Une piste? Apprendre à aimer le chemin pour se rendre à un objectif.

Situation réelle : Elle veut rencontrer l’homme de sa vie. Elle s’inscrit à des sites de rencontres, va prendre des cafés avec des candidats. Puis, elle vit des déceptions, car elle n’obtient pas de résultats. Elle laisse tomber, déçue d’être toujours célibataire. Et un jour, elle apprend l’autohypnose. Elle place quelque part dans son paysage l’homme idéal. Elle revient à elle. Elle se voit rayonner de plus en plus. Elle prend conscience, inconsciemment, de ses zones d’ombre. Au fil du temps, elle y met de la lumière. Elle peaufine son énergie, ce qu’elle dégage. Elle reprend contact avec ses forces, avec ses ressources, avec ce qui la fait vibrer. Elle se transforme peu à peu. C’est ainsi qu’elle crée un chemin agréable entre elle et l’homme. Il se rapproche de plus en plus, attiré par sa lumière.

Oui, elle a trouvé l’homme de ses rêves (c’est vrai). Mais remarquez qu’elle n’a pas travaillé à l’atteindre, comme le sommet de la montagne. Elle a fait des pas, un à un, en se transformant elle-même un peu plus chaque fois.

Cette histoire illustre exactement ce que je veux dire par « aimer le chemin ». Cette personne m’a dit avoir aimé se retrouver au cœur d’elle-même pour se découvrir davantage. Car, dans nos zones inconscientes se cachent des trésors. L’autohypnose permet de les trouver.

Il arrive fréquemment qu’une personne me dise, après une séance d’hypnose, être étonnée de ce qui est ressorti. Pourtant, tout est là. Il s’agit d’y accéder. Et ce qui est curieux, c’est que ce n’est pas vu comme un effort. C’est un processus, un cheminement, une transformation qui s’installe peu à peu. Bien sûr, ça demande d’être assidu, de prendre le temps, de faire les réflexions, d’accueillir ce qui est là. Parfois même, ça prend du courage pour oser. Et au bout du compte, ne serait-ce pas ça la recette du succès ?

La plus grande récompense de nos efforts n’est pas ce qu’ils nous rapportent, mais ce qu’ils nous permettent de devenir.

John Ruskin 

Sylvie Dompierre | Apprendre à aimer le chemin

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