Ah le yoga et ses nombreux bienfaits, les yogis au mode de vie impeccable, la zénitude au quotidien, être capable de vivre dans le moment présent… Ça m’a fait rêver bien longtemps jusqu’à ce que je me l’avoue : je n’aime pas le yoga. En fait, c’est ce que j’ai pensé pendant de nombreuses années après avoir vécu quelques premiers cours qui m’ont laissé un peu amère.
J’étais, à l’époque, une athlète de haut niveau et pourtant, chacune de mes pratiques de yoga me faisaient découvrir des muscles qui m’étaient inconnus juste avant. Mais pourquoi j’avais tant de misère à suivre le cours sans me remettre en question sur mes compétences sportives et sur ma capacité à lâcher prise sur le tapis ?
Pendant longtemps, j’ai simplement choisi de croire que je n’aimais pas le yoga. C’était plus simple comme ça. Chaque tentative pour avoir une pratique régulière était un échec lamentable. J’étais incapable d’apprécier les mouvements sur le tapis, les longs moments de silence, l’interminable savasana en fin de cours et mon cerveau qui ne voulait pas arrêter de penser. Ça m’aura pris l’audace d’entreprendre une formation professorale de yoga (après des années de sédentarité) et une bonne année après le début de ma formation avant de redécouvrir pleinement cette pratique si merveilleuse et d’apprendre à l’aimer. Ma ‘’haine’’ du yoga était ma motivation principale, je voulais pouvoir offrir des cours aux personnes qui pensaient ne pas aimer le yoga, comme moi initialement.
Comment fait-on alors pour démarrer une pratique de yoga quand on n’aime pas ça ?
Ma première réponse est simple : il ne suffit que de s’y mettre. Embarquer sur le tapis est vraiment l’étape la plus ‘’difficile’’. Dès qu’on y est et que l’on commence à bouger, la vie va moins vite et on peut commencer à savourer cette nouvelle lenteur qui s’installe. Quelques minutes par jour pour commencer sont suffisantes, le temps de créer une habitude et d’explorer les styles. Puis ensuite on suit son flow, son envie, son intuition, en adaptant les postures (asanas) à ses besoins.
Mais plus précisément, on fait ça comment ?
Je crois que pour démarrer une pratique de yoga (et aimer ça), il faut d’abord se questionner sur notre « pourquoi ». Pourquoi on souhaite développer cette discipline ? Quels sont nos objectifs ? Parce que dans nos vies qui vont à toute vitesse, c’est important de savoir vers où on souhaite aller si on veut être en mesure d’octroyer une partie de notre précieux temps à ce qui est important pour soi.
Après le pourquoi, j’aime bien m’intéresser au « quand ». En regardant son horaire, quand a-t-on un petit trou pour nos pratiques ? Est-ce au même moment chaque jour ou cela varie beaucoup ? Est-ce qu’on peut déplacer des rendez-vous ou des engagements pour créer de l’espace dans notre agenda pour faire du yoga ? C’est essentiel à mon avis de s’assurer de créer de bonnes conditions de base si on veut démarrer une pratique régulière (et sans stress han, c’est quand même un peu le but non ?) donc de prendre conscience qu’on peut faire nos asanas sans que cela affecte le reste de notre horaire est très gagnant.
Ensuite vient le « comment ». Comment est-ce qu’on veut vivre nos séances ? Est-ce qu’on veut explorer un style de yoga en particulier (vinyasa qui est plus dynamique, yin pour apporter un peu plus de douceur, hatha qui est la base de tout, un beau mélange de tout ça et plus, etc.). Est-ce qu’on veut vivre cette expérience avec un enseignant dans un cours en personne ? S’abonner à une plateforme de yoga en ligne ? Toutes les réponses sont bonnes et peuvent changer au fil du temps en suivant notre évolution personnelle.
Pour finir, on parle du « quoi ». Quel matériel est essentiel pour faire de notre pratique, un succès ? En gros, rien. Idéalement, un tapis de yoga mais un espace confortable au sol peut faire l’affaire pour débuter. Les autres items peuvent être des ajouts intéressants (selon le style de yoga pratiqué) mais ne sont pas du tout obligatoires (sauf dans le cas du yoga restaurateur où ils sont indispensables) : couvertures (pas nécessaire d’être une couverture de yoga, toute couverture en devient une de yoga lorsqu’elle est utilisée pendant une séance 😉 ), traversins (vous pouvez prendre des couvertures roulées ou de coussins pour les remplacer), blocs (très pratiques mais peuvent être remplacés par de gros livres – prendre deux livres de la même taille pour s’assurer de rester bien droit si utilisés en même temps, on ne veut pas créer de risque de blessure ou une sensation de déséquilibre), sangle (une ceinture ou une corde de robe de chambre peut faire le même travail, la ceinture avec sa boucle est cependant plus polyvalente), des vêtements de yoga (les vêtements confortables ou un simple pyjama c’est déjà parfait).
Si vous souhaitez vraiment investir dans des outils de qualité, je vous recommande d’opter pour :
- Un tapis en liège (l’adhérence est meilleure, il est fait de matériaux non toxiques, c’est très confortable et durable). Personnellement, j’utilise un tapis en liège qui a une ligne au centre qui m’aide vraiment à m’assurer d’avoir un bon alignement tout au long de ma pratique mais c’est optionnel.
- Deux blocs (en liège, en mousse ou en bois). Ils sont utiles pour pratiquer les postures en gardant une stabilité et permettent au sol de ‘’monter’’ pour que l’on puisse l’atteindre plus aisément.
- Un gros traversin ainsi qu’un plus petit. Surtout si vous voulez pratiquer le yoga restaurateur ou le yin.
- Une sangle. Très utile pour le yoga restaurateur ou le yin mais également très pertinente pour s’aider dans les postures qui demandent plus de pratique et permettre un étirement en douceur.
- Des couvertures. Comme je l’ai mentionné déjà, toutes les couvertures peuvent convenir. Toutefois, j’aime bien choisir des couvertures spécifiques pour mes pratiques (qui sont un peu plus fermes, se plient facilement sans se déplier, chaudes mais pas trop) car je trouve que cela me permet d’apprécier plus mes séances de yoga.
- Un petit masque pour les yeux. Zéro essentiel mais bien intéressant pour le savasana final (la posture du cadavre) ou lors des méditations pour se permettre d’aller voir à l’intérieur de soi en se coupant de notre sens de la vue.
- Un coussin de méditation. Parfait pour démarrer sa pratique le temps de faire le vide dans sa tête, pour les séances de respiration (pranayamas) et la méditation.
Mes petits trucs en rafale
- Laissez le tapis et autres accessoires, accessibles facilement. Parfois, le fait d’avoir à aller chercher tout son matériel partout dans la maison peut être l’étape qui nous empêchera d’embarquer sur notre tapis aujourd’hui.
- Se créer une (ou plusieurs) listes de chansons selon l’état recherché (relaxant, dynamisant, etc.). C’est toujours plus agréable avec de la bonne musique. Le silence est toutefois d’une richesse inestimable car il nous permet d’aller vraiment voir au coeur de soi.
- Utilisez les ressources existantes (livres, vidéos sur YouTube, etc.) pour avoir une routine sécuritaire à suivre
- Explorez le yoga on and off the mat. Oui c’est important les asanas, mais le yoga c’est tellement plus que quelques postures sur un tapis. Informez-vous sur les autres aspects du yoga : respiration (pranayama), méditation, philosophie, etc. C’est bien plus qu’une discipline de pratique, c’est une discipline de vie.
- Écrivez vos ressentis dans un journal qui permettra de suivre votre évolution, vous rappeler votre « pourquoi », prendre conscience de l’impact du yoga sur votre vie, etc.
- N’attendez pas le moment parfait pour commencer. Les enfants jouent et font du bruit à côté ? Invitez-les à pratiquer avec vous ou acceptez le fait qu’ils sont là (concentrez-vous plutôt sur le bel exemple que vous êtes en train de leur donner). Vous n’avez pas tout le matériel voulu ? Vous avez votre corps, votre souffle et votre conscience, c’est déjà beaucoup.
Petits rappels bienveillants
- Les séances courtes mais régulières (même si ce n’est qu’un petit 5-10 minutes) tous les jours sont plus intéressantes qu’une longue séance d’une heure, une fois par mois seulement.
- Veillez à toujours respecter votre corps et vos ressentis. Il est normal d’une journée à l’autre (surtout lorsqu’on a un cycle menstruel) d’avoir des journées où la flexibilité est au rendez-vous et d’autres où on ressent plus de tensions et de blocages. S’écouter est la clé.
- Quand on pratique le yoga, on ne se compare qu’avec soi-même. Notre évolution personnelle est donc beaucoup plus importante que de comparer notre pratique à celle de yogis plus expérimentés.
- Nos corps sont tous différents, les asanas peuvent donc sembler différents d’un corps à l’autre sans pour autant qu’une version soit mieux qu’une autre. Nous avons des muscles, des os, du gras qui peuvent créer certaines limitations en faisant en sorte qu’il faille adapter la pose afin de respecter le bon alignement pour soi.
- Ne vous mettez pas de pression si vous sautez une journée, une semaine ou un mois. On peut (re)commencer n’importe quand.
- Amusez-vous !
Après avoir lu tout ça, pensez-vous toujours ne pas aimer le yoga ?
Avec amour et douceur,
Julie Desrosiers
juliedesrosiers.com






