Je fais tellement de choses quand je ne fais rien!

Dans la cinquantaine, je suis de la génération X. Celle qui a appris à travailler fort, sans relâche. Moi comme bien d’autres, peu importe la génération, avons entendu souvent des phrases comme celles-ci :

« Allez! Encore un petit coup de cœur! »

« On n’obtient rien sans effort! »

« Il faut travailler dur pour gagner son pain… ou son ciel! »

« Travailler ne fait pas mourir! Le travail, c’est la santé! »

Notre vie est remplie de IL FAUT, JE DOIS, C’EST NÉCESSAIRE, etc. On court, on travaille fort, une tâche n’attend pas l’autre.

Alors, quand je ne fais rien, je me sens mal. Je devrais être en train de … Je procrastine… Je ne suis pas correcte…

On considère trop souvent que réfléchir c’est ne pas faire grand-chose, que ce n’est pas agir, d’où l’impression de perdre son temps. Devant un individu qui réfléchit en paraissant absorbé par ses réflexions, combien de fois avons-nous entendu le commentaire suivant : « arrête de rêvasser, de perdre ton temps; reviens sur Terre et agis»… la pensée est l’activité par excellence qui nous distingue comme être humain. Essayons d’imaginer où en serait l’action sans l’apport de la pensée ? Et d’ailleurs : peut-on séparer la pensée de l’action ? Le nombre d’inventions et de découvertes, autant en science qu’en philosophie, qui a découlé de ces moments de réflexion est extraordinaire. Le monde de l’action se porte mieux lorsque la réflexion l’accompagne. René Villemure Éthicien.

Mon petit chien m’a appris quelque chose de différent. Chaque jour, on marche lui et moi. Bien entendu, je dois mettre ma liste de choses à faire de côté lorsque je me promène avec lui. Alors, une lutte commence dans ma tête :

  • Prends du temps pour toi Sylvie!
  • Oui, mais je retarde mes projets.
  • Tu as le droit de relaxer de temps en temps.
  • Oui, mais je vais prendre du retard!
  • Prends le temps de respirer…
  • Paresseuse!

Et ça continue…

Curieusement, à force de marcher avec mon petit chien, j’ai réalisé que de belles idées naissent pendant que je ne travaille pas! Des idées de textes pour ce blogue, une nouvelle façon d’accompagner une cliente, un truc nouveau pour ma pratique, une autre façon d’organiser mon bureau, les idées viennent lorsque « je ne fais rien » ! En revenant de ma marche, j’écris mes belles idées.

Mon défi a été de me défaire de la culpabilité de ne rien faire. Au début, je me forçais à penser à mon travail ou à des choses sérieuses pour me justifier de ne rien faire. L’expérience m’a plutôt montré qu’en laissant mes pensées vagabonder, mon cerveau trouvait l’espace nécessaire pour arriver là où je n’avais même pas pensé !

C’est documenté par la science : pendant que je ne fais rien, le cerveau trie les informations, fait des liens entre elles, il assimile, il classe. Avez-vous remarqué que des solutions viennent spontanément au réveil alors que la veille, on ne voyait pas d’issue à un problème ? C’est que le cerveau a poursuivi son travail. En dormant, on lui a donné l’espace nécessaire pour qu’il fasse le chemin par lui-même jusqu’à la solution.

Je me permets la comparaison suivante : Je pars courir afin de m’entrainer. J’ai un objectif d’améliorer ma vitesse et mon pas. Alors, je cours, je cours, sans jamais arrêter. Pas de pause, pas de répit. Je cours. On voit bien que ce n’est pas logique. Le corps a besoin de pauses, de respirer, d’une bonne gorgée d’eau. C’est évident qu’il sera ainsi plus productif. Pourquoi en serait-il autrement du travail intellectuel?

Se donner le droit de regarder la pluie qui tombe, de faire une activité physique, de prendre une pause pour marcher et respirer permet de faire beaucoup plus … sans y penser!

Sylvie Dompierre | Rien faire

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