L’anxiété et la résilience

Je ne connais pas plus résilients que les gens anxieux ! Imaginez ! L’angoisse peut les prendre par la gorge chaque jour et même plusieurs fois par jour et ils n’ont pas le choix de se relever. Leur résilience tient du fait qu’ils essaient plein de trucs et font maintes tentatives pour que cesse l’anxiété.

Chaque crise apporte son lot de questions chez l’anxieux. Il se demande quel a été l’élément déclencheur de la crise, comment il aurait pu la gérer autrement et s’il est normal… oui. À voir son pouls s’accélérer subitement, à avoir mal à respirer normalement, à suer à grosses gouttes, à trembler, et ce, très souvent, n’importe qui se poserait la question.

Et si se remettre en question n’est justement pas une mince chose à faire, ne pas trouver toutes les réponses l’est encore moins.

Pour ma part, j’ai cherché longtemps et puis je me suis rendu compte que je fuyais le passé en n’admettant pas qu’il y était pour quelque chose. J’ai vécu dans ma vie bon nombre de traumas qui m’ont laissée anxieuse et souvent hors d’état de fonctionner.

À chaque nouveau traumatisme, j’atteignais un nouveau niveau d’anxiété. Ma vie semble n’être qu’une montée fulgurante vers l’angoisse ou une descente en enfer si vous préférez, parce que l’enfer de l’anxiété existe et je l’ai visité !

Dernièrement, une personne désespérée m’écrivait sur mon blogue en me demandant comment j’avais fait pour m’en sortir. Premièrement, je ne donne jamais de conseil lorsqu’on m’en demande puisque je ne suis pas une professionnelle de la santé mentale et j’aurais beaucoup trop peur d’errer et de ne pas véritablement aider.

Deuxièmement, je sais trop bien que les histoires d’anxiété sont des plus complexes et j’ai vraiment suffisamment assez de la mienne pour me mêler de celles des autres.

Troisièmement, j’écris peut-être beaucoup sur le sujet, mais cela ne fait pas de moi une spécialiste. Je suis spécialiste de MA vie, sans plus.

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Mon histoire je la partage dans un dessein bien particulier : je tente, par mes mots à moi, de faire la lumière sur les problèmes anxieux souvent pour que les gens sortent de l’ombre à leur tour et aillent chercher l’aide dont ils ont besoin et qui leur fera du bien.

Me taire ne servirait à rien. Me dire aide tout un tas de gens, comme vous et moi, à se sentir moins seuls et à se dire à leur tour que si moi je m’en suis sortie, ils le peuvent très bien aussi.

Mais je vais vous confier un truc : je ne m’en suis pas sortie. En tout cas, pas entièrement. Écrire me fait beaucoup de bien et nommer ainsi mon anxiété a le mérite de la rendre moins dangereuse à mes yeux.

Cette peur qui me tenaille semble ne jamais perdre d’énergie. Moi je la perds à tenter de la combattre. Alors, j’écris à son sujet et j’en parle abondamment, histoire de la rendre moins menaçante. Et ça marche !

Aussi, j’ai développé et j’ai appris des trucs super chouettes au cours des années. Je les pratique tous les jours. Peut-être pas tous en même temps, mais un peu chaque jour. Cela ne donne pas de répit à mes angoisses et moi, ça me calme intensément.

Pour en revenir à la résilience, j’en fais preuve, moi aussi, après chaque crise panique, car je me relève maintenant fièrement en me disant que l’anxiété ne m’a pas eue et que la prochaine fois je serai apte à encore mieux la gérer.

Je ne me demande plus si je suis normale, car j’ai fait la paix avec la normalité. Pour moi, personne ne l’est vraiment puisque c’est très relatif la normalité !

C’est vrai, je crois que ce n’est pas seulement les gens anxieux qui se demandent s’ils sont corrects ou non. Et la réponse est selon moi que les mots correct et incorrect devraient être bannis de notre vocabulaire.

Je suis un formidable être humain, dépassé de temps en temps par ses peurs et ses grandes inquiétudes, mais cela n’enlève rien à la personne merveilleuse que je suis.

À tous ceux qui souffrent d’anxiété je dis que si vous avez du mal à écrire de longs textes comme je le fais, faites comme d’autres qui ne font que commenter. C’est fou tout de même ce que l’effet de groupe peut faire ! Le soir — c’est toujours le soir que je suis le plus anxieuse — quand je commence à me sentir stressée, je pense aux multiples commentaires que j’ai reçus et cela me fait un bien fou !

Aux autres, à ceux qui ne souffrent pas d’anxiété… à eux je dis d’encourager les gens qui en sont handicapés. Car ces gens, les stressés comme vous dites souvent, sont des êtres résilients avec plein de batailles de perdus peut-être à leur actif, mais une guerre à finir avec l’anxiété et ils ne sont pas du genre à baisser les bras. C’est le courage de la résilience quotidienne qui fait d’eux ce qu’ils sont et c’est fantastique !

Josée Durocher | L’anxiété et la résilience

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