J’écris ce billet à la main, là, sur la table de travail où une plume et des papiers épais m’attendaient. Sur cette même table, le chat, ronronnant d’un ronron gras, m’invitait à prendre un moment, juste un, dans ma soirée active, pour le calme et la lenteur.

Prendre un moment est une bonne chose à faire, surtout quand on ne prend jamais le temps de ne rien faire. Je suis de ceux et celles qui s’éparpillent dans le temps en ne voyant pas passer les moments.

Pourtant, il y en a des vraiment importants et, trop occupée à m’affairer à tout, je ne les savoure pas comme ils mériteraient de l’être.

Ce soir, éreintée, l’envie de vous écrire était là mais, différente, elle m’appelait autrement. Plutôt que d’écrire rapidement, de presser des touches les unes à la suite des autres parce que j’ai tellement à faire, je décide de prendre mon temps.

J’écris ce billet à la main, là sur une table de bois brun. En sourdine, une musique douce et relaxante se fait entendre et le chat, toujours le chat, me démontre son confort et sa joie de ses ronrons gras et de ses yeux qui me regardent fixement.

La lenteur est une chose exquise à qui sait la voir et l’installer dans sa vie. De nos jours, tout le monde est si pressé, et j’en suis aussi, que l’impression d’un temps qui passe plus vite se fait sentir.

Mais, pourtant, quand on y pense, le temps ne veut rien entendre de la vitesse et de notre stress. Il est lenteur et demande le respect. À toujours courir après, il se sauve et se fait rare. Mais à le contempler, l’aimer et le respecter, il sait se faire généreux et heureux.

Chaque chose en son temps! Moi, je fais ce choix conscient de prendre le mien maintenant et pour les années à venir. J’étais toujours dans l’urgence, j’opte maintenant pour la patience. Et, du coup, du temps, j’en trouve partout!

J’ai le temps de vous écrire ce soir, comme j’aurai le temps de flatter le chat en l’ayant sur mes genoux, un peu plus tard. J’ai le temps de penser à vous, j’aurai donc le temps aussi de penser à moi puisqu’à toujours être bousculée par les obligations, je pense rarement à moi.

C’est ainsi que le temps deviendra mon allié et la lenteur, mon obsession. Apprécier tous ces moments qui se vivent, ces instants qui se traduisent par savourer le moment.

Désormais, je prendrai mon temps. Car la vie m’aura appris que c’est à trop et toujours courir après qu’il se sauve vraiment.

Mes journées sont longues, maintenant, et j’ai le temps de tout faire, étrangement. Prendre le temps est une richesse accessible à tous et tout le temps. Finies les excuses! J’ai envie d’être riche et pour tout le temps!

Ce soir, j’écris ce billet à la main. Il me fait du bien. Et je souhaite que vous ne le lisiez pas en
diagonale juste pour sauver du temps. Parce que ce temps que vous croyez sauver, vous n’en profiterez pas. Au pire, tout ce que vous sauverez, vous le gaspillerez à courir après le temps.

Le temps, c’est la santé, c’est la joie, c’est la tranquillité. C’est prendre soin de soi que de le prendre tout doucement.

Josée Durocher | Prendre le temps

Commentaires

2 Commentaires
  • Nicole Provost Hudon
    Publié à 08:06h, 12 décembre Répondre

    Merci…je prends le temps d’écrire ces quelques mots et je ressens un calme à l’intérieur, car de moi-même j’ai pris une grande respiration.
    Ce matin je me sens plus relaxe car je réalise que je suis toujours pressée à tout faire.

  • Josée Durocher
    Publié à 08:36h, 12 décembre Répondre

    Alors nous sommes au moins deux à prendre notre temps… Bravo!

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