Une bienveillance qui peut devenir de l’ingérence

Vous êtes-vous déjà immiscé dans la vie d’un être cher en pensant que celui-ci s’enfonçait dans sa manière de réagir face aux situations qu’il avait à vivre? Pensiez-vous vraiment que vous seul pouviez savoir ce qui était bon pour lui, en lui imposant (https://www.youtube.com/watch?v=SjvPIoD2B-w) votre façon de gérer la situation? En vous permettant de lui donner des leçons non réclamées, d’agir sans son consentement ou de prendre des décisions pour lui?

Si vous êtes parents, ce sont des réactions très légitimes envers vos enfants. Encore là, reste à savoir jusqu’où cette ingérence dans leur vie demeure acceptable. Les enfants sont souvent perçus comme la continuité de soi, et on a l’espoir de les voir performer dans un métier ou dans un sport pour lequel on avait d’abord des aspirations pour soi. Évidemment, il y a aussi cette fierté de dire qu’ils assurent la pérennité de ce qu’on a su construire ou perpétuer depuis quelques générations, en souhaitant qu’ils reprennent les rênes de l’entreprise.

Attention! À trop vouloir s’ingérer dans leurs choix, on risque plutôt de les éloigner de soi, ou qu’ils se referment comme une huître. Il y a là un danger de fragiliser des ponts, voire les couper définitivement.

S’imposer au nom d’une certaine responsabilité

En tant que parent, et durant une période seulement, on a une certaine autorité sur ses enfants. Qu’en est-il des gens qui se donnent un pouvoir d’autorité sur les personnes qui viennent vers eux pour des conseils en lien avec leur expertise? Qu’il s’agisse des amis, d’un médecin, d’un planificateur financier, d’un professeur ou même d’un collègue plus expérimenté, il arrive parfois que ceux-ci se sentent garants de l’autre, comme si tout dépendait seulement d’eux.

Dès que l’on se sent responsable un tant soit peu d’une autre personne, on veut tellement pour elle. Souvent inconsciemment et en toute bienveillance, on commence à la diriger vers des actions que l’on ferait soi-même, selon les croyances et les valeurs que l’on a. On cherche à imposer des normes qui ne conviennent pas à la réalité de l’autre.

Il ne s’agit pas de diriger l’autre comme si on était le chef d’orchestre de sa vie, mais bien de le guider, d’ouvrir une discussion sur ses intentions face à ses agissements ou ses projets. Le rôle que l’on tient en est un de conseiller, et ce, au meilleur de ses connaissances. La question est – « Quelle est la meilleure option pour l’autre? »

Il faut seulement se rappeler que chaque personne est unique, qu’elle a une expérience à vivre qui lui appartient afin de faire les meilleurs apprentissages qui soient pour elle. Découvrir par soi-même peut paraître parfois cruel, mais c’est quand même enrichissant pour apprendre à se connaître et à ajuster ce qui est juste pour soi.

Des interventions plus acceptables

Quand on est réellement à l’écoute des aspirations de l’autre, il y a un véritable échange d’idées et d’expériences qui s’installe. L’autre est alors aussi en mode écoute de votre vécu, dans le respect. Il comprend certaines craintes que vous lui exposez et il en retire quelques leçons au passage sans que  rien ne lui ait été imposé.

On ne se le cachera pas, quand une personne vient vers vous, c’est qu’elle recherche des conseils! Alors, pourquoi ne pas en profiter pour semer quelques graines dans le respect en espérant que celles-ci puissent germer et fleurir dans son jardin à elle?

Souvenez-vous, toutes les craintes que vous avez pour l’autre vous appartiennent. Faites confiance et laissez place à l’expérimentation par l’autre.

Quand on vient chercher conseil auprès de vous, soyez d’abord à l’écoute des besoins de l’autre sans pour autant vous sentir obligé d’intervenir.

Posez-lui quelques questions sur les actions qu’il a faites ou qu’il envisage de faire pour mener ses projets à terme. Laissez-le répondre sans rien juger. Demandez-lui ce qu’il pense lui-même de ses démarches. Il y aura alors un genre d’introspection où il sera en mesure de se conseiller lui-même.

Assurément, vous avez droit à vos suggestions puisqu’on s’est présenté à vous pour cela. Pensez alors à lui laisser le choix de prendre ce qui lui convient et de rejeter ce qui ne le rejoint pas.

Souvenez-vous de chaque instant où l’on a déjà cherché à s’imposer dans votre façon de faire. Comment réagissiez-vous? L’acceptiez-vous facilement ou vous preniez vos distances pour un moment?

J’espère que vous saurez toujours être la meilleure écoute qui soit pour ceux qui chercheront conseil auprès de vous!


Carole Laurendeau, Accompagnatrice holistique.

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Carole Laurendeau | Une bienveillance qui peut devenir de l’ingérence

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